Baratin, le concours d’éloquence organisé par le fil

Le projet Baratin est né en 2018 à l’initiative du fil et de structures d’éducation populaire, de prévention spécialisée et d’un lycée. Il a rassemblé durant une année une vingtaine de personnes en vue de créer un concours d’éloquence, avec la particularité d’être intergénérationnel (l’âge des participant·e·s variait de 10 à 77 ans) et interculturel.


On revient aujourd’hui sur ce projet avec Tahani (chargée des publics) et trois des participant·e·s de la première session, Selin (19 ans), Martine (62 ans) et Grégory (18 ans), qui se rappellent ému·e·s les prémisses de l’aventure. « Au début on était paniqués ! confie Martine. Après on se disait « vivement le week-end prochain » pour qu’on se retrouve tous. » Selin renchérit : « Personne ne se connaissait, il y a eu une belle cohésion de groupe, on était comme une famille, c’était incroyable, on se soutenait les uns les autres. »

Tou·te·s sont unanimes : impossible de résumer Baratin en un mot ! Les termes expérience humaine, rencontres, convivialité et bienveillance reviennent à de nombreuses reprises dans la conversation. « Ça m’a apporté beaucoup, commente Grégory. J’ai appris à parler en public, ça m’a donné beaucoup plus d’assurance et aidé pour l’oral du brevet et pour les entretiens d’embauche que j’ai eus récemment. »

La grande finale s’est déroulée en juin 2019 devant un public nombreux et conquis, le résultat de plusieurs semaines de travail et certains week-ends où les participant·e·s ont rencontré des artistes associé·e·s (une comédienne, un rappeur, un musicien) et des intervenant·e·s extérieur·e·s tel·le·s que deux étudiant·e·s en Sciences Politiques.

Les thèmes sur lesquels ils et elles ont discouru ont été choisis collectivement. Nos trois baratineur·se·s ont donc déclamé sur des sujets aussi larges que Peut-on être soi-même sans les autres ?, Faut-il crier pour se faire entendre ? ou encore Peut-on rire de tout ? Ce dernier thème, traité par Grégory, a laissé un souvenir marquant au public et au jury : « J’ai parlé par rapport à mon vécu. Je suis un ancien harcelé et la parole m’a aidé à extérioriser ce que je pensais. Pour la finale j’avais invité mes profs, mes potes et même la documentaliste. Je voulais faire passer un message. » Parce que la parole est une liberté, un pouvoir et un moyen d’émancipation, Baratin apparaît comme un projet essentiel et une superbe leçon de savoir vivre. « L’art oratoire, poursuit Grégory, ce n’est pas comme l’écriture, on
n’a pas de gomme. Il n’y a pas de version reword. » et à Selin de conclure : « On a tissé un lien que personne ne pourra briser. »

Une aventure humaine impossible à oublier, et surtout loin d’être terminée ! Tandis que la seconde promotion va bon train avec une finale ouverte au public qui aura lieu le 18 décembre, la première poursuit son bonhomme de chemin et investira le Musée d’art moderne où sept des « ancien·ne·s », travaillent à la présentation d’une œuvre. Les deux promotions se rencontreront le 13 décembre prochain pour la répétition générale de la finale. Selin se réjouit par avance : « J’ai hâte d’entendre ce qu’ils vont dire. J’espère qu’ils vont encore plus assurer que nous et qu’eux aussi ont une belle cohésion de groupe. »

Luna Baruta

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