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RetourC’est le retour dU PROJET DE PHARE DU FIL !
Baratin est bien plus qu’un concours d’éloquence, déjà parce qu’il ne s’agit pas de savoir qui va gagner mais aussi parce que même si la « finale » sur scène reste un moment fort, ce sont les mois d’ateliers, de rencontres et d’écriture qui font la beauté du projet.
Nous avons interviewé deux des artistes associés au projet, Chloé et Kefyr, pour nous parler de ces participants qui viennent de de lieux, de cultures, de générations différents et qui, ensemble, vont écrire, se former à l’art oratoir et devenir une équipe soudée !
KEFYR, CHLOÉ, POUVEZ-VOUS VOUS PRÉSENTER ?
Kefyr : Je suis artiste, rappeur mais aussi enseignant et infirmier.
Chloé : Je suis comédienne en théâtre d’improvisation pour plusieurs compagnies, je donne aussi des cours.
QUEL SONT VOS RÔLES LORS DE BARATIN ?
Chloé : J’utilise mes compétences en mise en sc.ne, en posture scénique pour travailler sur l’art oratoire avec les participants. Je les aide à articuler les mots, à bouger sur scène. On travaille
avec la singularité des gens, ils viennent avec leur texte et on voit ensemble comment;ils peuvent l’incarner avec leur propre corps, leur voix.
Kefyr : Mon rôle c’est de les aider dans l’écriture, je crée du lien entre les participants, je les accompagne pour d.rouler le fil de leurs pensées et les mettre en mots. On crée un espace sécurisant pour qu’ils se disent « ok, je vais parler du squelette qu’il y a au fond de mon placard »
RACONTEZ NOUS CE QUI SE PASSE DANS CES ATELIERS
Chloé : La première semaine on travaille sur la rencontre, il faut que le groupe se soude, on devient une équipe grâce à des jeux, des exercices et puis il faut qu’ils se sentent de monter sur scéne, que cet espace devienne un ami.
Kefyr : Oui, je m’appuie beaucoup sur cette semaine avec Chloé, je suis en observation. Ensuite, vient le moment o. chacun écrit et je passe les voir, je les questionne, pour les emmener dans l’introspection. Parfois ils me proposent une thématique, et j’essaye d’aller plus loin, en leur demandant ce qui les touche eux personnellement : partir de l’intime pour parler de sujets plus larges.
Chloé : En m.me temps que l’écriture, on commence déjà à déclamer, parce que le fait de rendre vivant le texte, des fois ça oblige à le bouger un peu. Et puis on est à fond avec eux jusqu’au dernier moment, on fait des répétitions générales, pour que tout le monde se jette à l’eau, et nous, on est le filet de sécurité.
QU’EST CE QUE REPRÉSENTE BARATIN POUR VOUS ?
Kefyr : C’est un projet qui est intergénérationnel, au-delà des communautés et des catégories Sociales. On met à l’honneur des gens qui sont parfois recroquevillés et on met la lumiére sur ce qui brille chez eux.
Chloé : Ce que j’aime dans Baratin c’est que les gens se livrent, ils racontent leurs joies, leurs douleurs, avec beaucoup de sincérité. C’est trés humain
RACONTEZ-NOUS VOTRE MEILLEUR SOUVENIR DE BARATIN
Chloé : J’ai le souvenir du passage sur scéne d’une jeune fille qui était bouleversant. C’.tait une femme voilée et elle avait utilisé son voile comme accessoire pour déclamer un texte sur l’islamophobie, elle jouait avec, elle en avait fait une force.
Kefyr : Je pense à une dame qui m’avait propos. une thématique de texte mais je sentais qu’il y avait autre chose. Je l’ai laissé faire et puis un jour on a discuté et finalement elle m’a raconté son histoire trés personnelle, le jour de la représentation elle a été trés mue. Le projet est fou pour ça : ça a fait sortir quelque chose pour elle qu’elle taisait depuis des ann.es.
UN MOT SUR L’ÉDITION 26-27 ?!
Kefyr : J’ai hâte ! Je suis trés excité et heureux de repartir sur une nouvelle édition de Baratin, j’ai hâte de voir les nouvelles personnes que Tahani (responsable médiation du fil) a rencontrées !
Chloé : Je suis ravie, on a une super équipe avec Tahani, Kefyr, Dominique – le musicien accompagnateur –, on se connait, on se comprend. Je sais qu’on va passer de trés bons moments ensemble !